mercredi 21 janvier 2009

Ma vie dans un grand mensuel (2)

Des fois, je fais des portraits d'auteur. Des fois, les éditeurs me demandent des hautes définition. Des fois, je suis con. Je m'attends toujours à ce que les professionnels travaillent professionnellement. Qu'ils payent, qu'ils informent, qu'ils suivent, qu'ils la jouent réglo. Des fois, je suis vraiment très très con, ce qui donne ce genre de mails :

Bonjour,
Je découvre dans votre N°50 - par hasard - un portrait de [-] publié sans autorisation, sans signature, et recadré.
Je découvre également dans le N°49 des photographies de [-], toujours sans autorisation, cette fois signées.
J'ignore comment ces images ont atterri chez vous. Les intéressé-e-s vous les ont sans doute fait parvenir. Il est également possible que l'éditeur vous les ai communiquées. Dans tous les cas, un magazine professionnel se doit de contacter l'auteur, afin de le prévenir de la publication, de lui envoyer des exemplaires des numéros concernés, de signer les images et de se renseigner quant à une éventuelle rémunération. Quant au recadrage sauvage, je préfère ne pas trop évoquer le sujet, de peur de devenir réellement désagréable. Photographe professionnel, je ne photographie pas pour m'amuser. C'est un métier. Grâce auquel je mange. Les publications "gratuites" ici où là m'épuisent. La moindre des choses est de PREVENIR vos collaborateurs (même involontaires) des parutions et de l'usage de leur travail. En tout cas, ça se passe comme ça dans la presse professionnelle. Mais peut-être que votre magazine n'est pas professionnel. Auquel cas vous ne recevez évidemment aucun salaire et le magazine est distribué gratuitement à qui veut. J'attends une réponse rapide de votre part.

...

Cher Monsieur (et je me retiens car je vous trouve plus que grossier) Nous demandons à l'éditeur une photo de l'auteur quand nous faisons une interview, normal, l'éditeur n'a pas à fournir une photo non libre de droit, et si c'est le cas il doit nous en informer, donc c'est en amont à lui et vous de vous entendre pour prévenir ce genre de désagrément, c'est votre travail pas le nôtre, c'est ça la règle dans la presse professionnelle. Nous n'apprécions ni votre ton ni vos jugements hâtifs. Merci d'agresser comme vous savez bien le faire visiblement les deux éditeurs concernés qui envoient vos photos aux magazines sans nous informer qu'elles ne sont pas libres de droit, ou sans nous donner de crédits.

...

Mais avec plaisir.
Je vous rappelle pour information que je suis en droit de vous poursuivre en justice. Comme je n'ai pas de temps à perdre avec ça, je me contenterai de signaler à l'ensemble de mes collègues - et du milieu photo en général que je fréquente assidûment - la façon décidément très professionnelle dont vous travaillez.
Très cordialement.

...

no comment, c'est surréaliste.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Tu devrais faire écrire un petit courrier par ton avocat,
Cela devait les calmer ;-))

Il faut aussi faire passer ce message effrayant : le libre de droit n'existe pas, il est juridiquement impossible de renoncer à ces droits.

Pour moi la règle est simple, si je ne connais pas les voleurs de seconde zone, c'est l'avocat directement et un peu de fric.

Nestor Burma

KdeBra a dit…

C'est vrai ce que dit Hypergone, et puis c'est pas beaucoup de boulot...
K

erwan a dit…

Mais c'est la crise on t'a dit!
Rholala...

Anonyme a dit…

Le monsieur a sans doute bien rigolé de votre "Comme je n'ai pas de temps à perdre avec ça"!

Anonyme a dit…

"Comme je n'ai pas de temps à perdre avec ça"!
+
"Je dois pas bien m'y prendre... Vous avez des conseils?"

Ces gens là se foutent visiblement de la gueule du monde. Je rejoints donc Anonyme n°1 pour la lettre d'avocat. De toute façon tu n'as rien a perdre ! Tu peux aussi envoyer la lettre toi même en citant l'article (je vais rechercher) dans lequel on parle de l'utilisation non autorisée qui est assimilable à de la contre façon et à ce titre passible de 300 000€ d'mende et 3 ans de prison...
C'est c'est le blabla mais en général les gens prennent la peine de te prler au téléphone pour arrondir les angles ensuite...